Des toits aux accents du Midi

On dit souvent que Lyon se trouve à la charnière entre les traditions du Nord et celles du Midi. Sur les toits du centre ancien, c’est l’influence méridionale qui l’emporte : la tuile canal, aussi appelée tuile creuse, couvre de nombreux bâtiments anciens, avec des pentes faibles caractéristiques des régions du sud.
Les immeubles et maisons construits à partir du XIXᵉ siècle portent souvent des tuiles mécaniques en terre cuite, plus faciles à poser et moins sujettes au glissement. Sur les grands immeubles, les combles, lucarnes et chéneaux font aussi largement appel au zinc. Chaque matériau a ses règles de pose et d’entretien : lors d’une réparation, il est important de conserver la cohérence de la couverture existante.
Hivers froids, orages d’été : le climat lyonnais et vos tuiles
Le Rhône connaît un climat semi-continental, avec des écarts de température marqués entre les saisons. Pour une toiture, cela signifie plusieurs types de contraintes.
- En hiver, les cycles de gel et de dégel fragilisent les tuiles poreuses et les mortiers de faîtage. Les chutes de neige, sans être fréquentes, chargent ponctuellement les couvertures.
- En été, la chaleur dessèche les joints et fait travailler les matériaux, tandis que les orages apportent des pluies soudaines et parfois de la grêle, capable de casser des tuiles.
- Toute l’année, l’humidité favorise les mousses sur les pans les moins ensoleillés, notamment dans les rues étroites des quartiers anciens.
Après un orage de grêle, un contrôle rapide permet de repérer les tuiles fêlées avant que l’eau ne s’infiltre et de constituer un dossier pour l’assurance.
Vieux-Lyon et site UNESCO : des règles à connaître

Le site historique de Lyon, qui comprend notamment le Vieux-Lyon, la colline de Fourvière, les pentes de la Croix-Rousse et une partie de la Presqu’île, est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Le Vieux-Lyon a par ailleurs été l’un des premiers secteurs sauvegardés de France. Sur ses bâtiments anciens, les toitures en tuile canal font partie du caractère du quartier.
Dans les secteurs protégés et aux abords des monuments historiques, les travaux qui modifient l’aspect d’une toiture (matériau, teinte, lucarnes, fenêtres de toit) sont soumis à autorisation et à l’avis de l’Architecte des Bâtiments de France. Hors de ces périmètres, une déclaration préalable est demandée pour tout changement d’aspect ; un remplacement à l’identique n’en nécessite généralement pas.
Grands immeubles et toits difficiles d’accès
Les immeubles lyonnais sont souvent hauts, serrés les uns contre les autres et parfois bâtis sur des pentes, comme sur les collines de la Croix-Rousse ou de Fourvière. Les immeubles de canuts, avec leurs étages aux plafonds élevés, en sont un bon exemple. Intervenir sur ces toitures demande une organisation particulière : échafaudage, nacelle, sécurisation de la rue, voire autorisation d’occupation du domaine public. En copropriété, les travaux sont votés en assemblée générale. Un couvreur habitué à ces chantiers saura anticiper ces contraintes dès le devis.
